Author Archives: Ibrahima TRAORE

Conservation des bois sacrés : Kalwaka, l’exemple d’une conscience communautaire

Category : APAC

Confrontée à la pression foncière et à l’orpaillage menaçant ses bois sacrés, la population du village de Kalwaka, dans la région du Centre-Ouest, s’est constituée en association pour mieux défendre son patrimoine naturel et culturel. Cette initiative endogène force l’admiration, tant au niveau local qu’international. Immersion dans ce milieu rural où le combat pour la préservation des traditions ancestrales est indissociable de la lutte pour la protection de la biodiversité, de l’environnement.

Kalwaka, un village atypique ! Cette bourgade de 2800 âmes, située dans la commune rurale de Soaw, dans la région du Centre-Ouest, à 90 km de Ouagadougou, reste attachée à ses collines, puits et bois sacrés. Il en compte plus d’une quinzaine sous la protection des traditions. Flanquée de grosses pierres sauvages, clairsemée d’épineux de la savane nord-soudanienne, la colline sacrée « Selogue-Tanga » constitue par exemple un symbole du canton de Konkistenga, composé des communes rurales de Imassogo, Pella, Soaw.

« Depuis longtemps, en cas de sécheresse, des envoyés du chef du canton viennent faire des sacrifices d’âne et de poulet au niveau de cette colline. Le plus souvent, la pluie les bat le même jour, avant qu’ils ne regagnent le village », témoigne le responsable du site, Yamba Issaka Kaboré, en cette matinée caniculaire de mars 2021. La colline protège le village, ajoute-t-il. L’accès à son sommet est interdit aux étrangers sans autorisation. On ne doit pas y couper du bois, y aller les lundis et les vendredis correspondant aux jours où un gros serpent « inoffensif » portant des cornes avec une gueule pleine de flammes sort de la grotte au sommet de la colline, aux environs de 9 heures, raconte M. Kaboré. Quant au bois sacré « Wagdakalsé », lui, offre un contraste saisissant ! Un ilot de forêt d’environ 1,77ha dans un univers savanicole. Arbustes, arbres, plantes rampantes s’y enserrent pour former un condensé végétatif qui tranche avec le paysage environnant. Au bord du sentier longeant ce biotope singulier, une murette peinte en blanc porte le nom du site et des symboles indiquant les actions interdites sur les lieux. Interdictions de faire la chasse, couper le bois vert, mettre le feu, creuser la terre, déféquer.

Sites d’intérêt « incalculable »

?????????

D’un site à un autre, les fonctions sociales et les rites y afférents varient. A « Tansoab-Tanga », lorsqu’un malheur quelconque frappe la région, les divinités de la colline sont appelées à la rescousse pour sauver Kalwaka du danger. « L’intérêt de ces aires sacrées pour le village est incalculable. Avant, lorsque surviennent des épidémies de rougeole, de varicelle à Koudougou, Nanoro, il suffisait que les notables fassent un sacrifice d’une chèvre et d’une poule noires à la colline et le village est épargné de la crise sanitaire », confie le chef coutumier, le Tansoaba. Ces écosystèmes sacrés font partie intégrante de l’histoire et de l’identité culturelle du village. « Quand nos ancêtres se sont installés ici, ils se sont confiés à ces sites pour leur protection et le développement du village », raconte le Tansoaba. Aujourd’hui plus qu’hier, la population kalwakalaise défend ce patrimoine communautaire, contre les tentatives d’atteinte, notamment de la part des chercheurs d’or. « Il est possible que les orpailleurs exploitent la colline. Mais ils doivent préalablement enjamber nos corps sans vie avant d’y arriver. Je suis musulman et Imam du village, je ne fais pas de sacrifices sur la colline du fait de ma foi religieuse, mais je ne tolèrerai jamais que quiconque détruise ces lieux sacrés. Ils constituent notre bien commun », fulmine Yamba Issaka Kaboré. Lire la suite https://www.sidwaya.info/blog/2021/06/02/conservation-des-bois-sacres-kalwaka-lexemple-dune-conscience-communautaire/?fbclid=IwAR1BK5BaE9fCQ3ig7zVBS0AT_fw8ng1gp5TXYuall0F3Hzapdm3QuV8v6fQ


Gestion du Corridor écologique n°1 : le Cadre de concertation intercommunal Guiaro-Pô prend ses responsabilités !

Le Cadre de concertation intercommunal Guiaro-Pô de gestion du corridor n°1 a organisé, ce mercredi 21 avril 2021 à Pô, un atelier d’amendement et d’adoption du Plan d’aménagement et de gestion participatif (PAGEP) du Corridor écologique n°1 reliant le Ranch de Nazinga et le Parc National Kaboré Tambi (PNKT). La rencontre s’est tenue avec le soutien technique et financier de l’Association Nature et Développement (NATUDEV) et ses partenaires que sont l’Université Joseph Ki Zerbo (UJKZ), l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et ULB-Coopération dans le cadre de la mise en œuvre du projet de recherche ‘’Intégration de la conservation de biodiversité et du développement local dans le contexte d’aires protégées du complexe PONASI » (ARES/PRD-PONASI).

Les communes de Guiaro et de Pô attendent ainsi prendre leurs responsabilités dans la gouvernance de cette forêt de 4500 ha dédiée au déplacement de la faune entre les deux aires protégées. Elles l’ont fait savoir ce mercredi 21 avril 2021 à Pô par l’amendement et l’adoption du Plan d’aménagement et de gestion participatif (PAGEP) de cette forêt en tant que « refuge local intercommunal de faune ». L’atelier, expliquent les organisateurs, se tient dans le cadre du processus de transfert de gestion du corridor n°1 du complexe PONASI de l’Etat aux communes de Guiaro et de Pô entre lesquelles il est à cheval. En vue de sa gouvernance intercommunale, les deux communes ont ainsi constitué un Cadre de concertation intercommunal d’une cinquantaine de membres et prenant en compte toutes les catégories d’acteurs locaux.

Le représentant de l’équipe de consultants ayant élaboré le Plan d’aménagement et de gestion participatif (PAGEP), Monsieur Basile A. ADOUABOU, présente le contenu du document aux participants.

Dans le contexte de ce processus de transfert, l’une des étapes majeures, indique le Président du Cadre intercommunal, par ailleurs maire de la commune de Pô, Monsieur Victor ZANGOUYO, c’est l’élaboration d’un Plan d’aménagement et de gestion participatif (PAGEP) du Refuge local de faune. Aujourd’hui, souligne-t-il, il s’est agi d’apprécier le travail des consultants qui ont élaboré une version provisoire du PAGEP, de rassembler tous les acteurs pour amender, apprécier et adopter le PAGEP. Ce document décline les activités d’aménagement, de protection et de développement à mener sur une décennie (2021-2030) pour parvenir à une sécurisation et une valorisation efficace du site.

« Plus qu’un plan d’aménagement et de gestion, il s’agit d’un outil de développement local » dixit le président du Cadre.

Pour le Président du Cadre de concertation, le PAGEP tel qu’adopté est un outil de développement local au profit des riverains du Refuge local de faune. Quand cette forêt sera aménagée, indique-t-il, « il y aura beaucoup de revenus surtout pour les riverains. Ceux qui cultivent autour vont bénéficier de matériel agricole et de nouvelles techniques d’agriculture pour éviter qu’ils ne défrichent la forêt ». Et de poursuivre « le plan prévoit également d’accompagner les riverains dans la maraicheculture et l’élevage de la volaille, la transformation des produits forestiers, etc. S’il y avait parmi eux des braconniers, cela va non seulement les occuper autrement mais aussi, les aider à abandonner leur activité négative. Un ensemble d’activités qui vont, selon lui, occuper les riverains, améliorer leurs conditions de vie et les impliquer davantage dans la protection des ressources naturelles du Refuge local de faune. Pour le Président du Cadre, le PAGEP adopté est un outil précieux entre les mains des autorités communales, des populations et de tous les acteurs intéressés pour la mobilisation des ressources financières, matérielles et humaines qui y sont budgétisées.

Restitution au niveau des conseils municipaux et des villages riverains

Les participants ont amendé et adopté le Plan d’aménagement et de gestion participatif (PAGEP)

L’Association Nature et Développement (NATUDEV) et ses partenaires que sont l’Université Joseph Ki Zerbo (UJKZ) de Ouagadougou, l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et l’ONG belge ULB-Coopération soutiennent et accompagnent le processus de transfert de la gestion du corridor aux deux communes.

Pour le Président de NATUDEV, Monsieur Alexis KABORE, « l’étape importante après l’adoption du PAGEP, c’est la restitution de son contenu au niveau des deux conseils municipaux, Pô et Guiaro. Chaque conseil communal a prévu une session extraordinaire consacré au PAGEP en vue de sa restitution à l’ensemble des membres du conseil. Ensuite, une tournée de restitution sera faite dans les huit villages limitrophes de la forêt dans l’objectif d’assurer une appropriation maximale de ce document dont le contenu émane de leurs propositions et qui est, avant tout le leur. Pour ce faire, un format réduit du PAGEP sera édité pour en faciliter l’usage.

« Les communes ont besoin d’avoir des zones protégées classées à leur nom ».

Après l’adoption du PAGEP, les participants ont pris une photo de famille pour immortaliser l’évènement.

De l’avis du Président du Cadre et Maire de Pô, le transfert de gestion aux deux communes, par le classement du corridor comme refuge local de faune à leur nom est la meilleure option. « Pour moi, l’approche de NATUDEV qui consiste à renforcer nos capacités et à nous responsabiliser à la base dans la gestion du corridor est la bonne manière. Les communes ont besoin d’avoir des zones protégées, en reclassant au nom des communes c’est donc la meilleure solution. Ce qui est sûr, nous sommes déjà avancés. Nous allons continuer le processus jusqu’à la fin. On va déposer notre dossier c’est à l’Etat d’apprécier ». Et d’insister, « au regard des difficultés de gestion dont souffrent les forêts déjà classées, je pense que l’Etat a même intérêt de nous accompagner pour que ce soit classé au nom des communes ».

Pour le représentant de l’équipe de consultants ayant élaboré le Plan d’aménagement et de gestion participatif (PAGEP), Monsieur Basile A. ADOUABOU, le fait de classer le corridor écologique n°1 au nom de l’Etat ou au nom des communes n’a pas une incidence sur la nécessité et la qualité du PAGEP. « Il est indispensable à tous les niveaux. C’est un outil de gestion efficace d’ici à 2030. Tous les acteurs doivent se l’approprier et faire en sorte que quel que soit l’intervenant au niveau du corridor, que ce plan puisse servir de boussole d’intervention. Car, souligne-t-il, il est un récapitulatif des besoins, propositions et ressentiments des acteurs locaux concernant ce refuge faunique ».

Ibrahima TRAORE


Formation en marketing pour la valorisation des produits forestiers non ligneux : NATUDEV et ULB-Coopération contribuent à la conservation des aires protégées au Burkina Faso

Category : PFNL

L’Association Nature et Développement (NATUDEV) et son partenaire ULB Coopération ont organisé une formation en « marketing et force de vente » des produits forestiers non ligneux du 25 au 27 janvier 2021 à Ouagadougou.

C’était à l’intention du personnel et les agents commerciaux de la Plateforme du Naturel qui fait la promotion des produits forestiers non ligneux.

Les deux structures visent, à travers cette formation, l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines des ressources naturelles afin de les impliquer davantage dans la conservation de celles-ci.

Cas pratique sur la méthode CAP (Caractéristiques, Avantages et Preuves)

Comment impliquer les populations dans la conservation des ressources naturelles ? L’Association Nature et Développement (NATUDEV) a sa vision. Il s’agit d’intéresser les populations riveraines des Aires Protégées et des Aires et territoires du patrimoine autochtone et communautaire (APAC) aux produits forestiers non ligneux notamment le miel, le beurre de karité et le savon. Afin de les aider à écouler leur production, NATUDEV a mis en place une unité commerciale dite « Plateforme du naturel » à son siège à Ouagadougou.

Les participants ont montré leur intérêt pour la formation

Consciente de l’apport de cette activité dans l’amélioration des conditions de vie de ces populations, ULB coopération a soutenu financièrement NATUDEV pour organiser la formation en « marketing et force de vente » au profit du personnel et les agents commerciaux de la Plateforme du Naturel.

Selon le Président de NATUDEV, Alexis Kaboré, cette formation vise à l’autonomisation de la plateforme du naturel. Il a ténu, lors de la rencontre de restitution, qui a eu lieu le lundi 09 février 2021, à témoigner toute sa gratitude à ULB Coopération pour sa diligence dans le financement de la formation malgré qu’elle n’était pas budgétisée.

Séance de partage d’expérience en communication vente

Les participants à la formation ont, quant à eux, signifié toute leur satisfaction. Pour eux, cette formation va sans doute contribuer à accroitre leur volume de vente. A la rencontre de restitution, ils ont confié que la formation a commencé à produire ses effets parce que « il y a des prospects froids qui sont devenus clients juste après la formation » selon les termes de Abdou Razack Ilboudo, agent commercial itinérant de la Plateforme du naturel. Les bénéficiaires ont unanimement salué la tenue de la formation qui, selon eux, va améliorer leurs entrées en relation avec les prospects, leurs argumentaires dans les échanges avec eux, la prise de congé et surtout la gestion de la relation client. Ils ont promis que, dans les mois, à venir l’impact de la formation sera encore plus perceptible. La rencontre de restitution a permis d’identifier les mesures nécessaires à prendre pour que les connaissances acquises soient opérationnelles le plus rapidement possible.

Photo de famille avec les attestations de formation

Qu’à cela ne tienne, le Représentant d’ULB Coopération à la rencontre de restitution, Monsieur Serges PALE, a souhaité que cette formation puisse véritablement contribuer à accroitre l’activité et contribuer à améliorer les conditions de vie des populations engagées dans la valorisation des produits forestiers non ligneux (PFNL).

 La rencontre de restitution
Rencontre de restitution

 


Burkina Faso : l’étude légale sur les APAC apporte de nouveaux éléments au plaidoyer pour la reconnaissance juridique des APAC

Category : APAC

La reconnaissance juridique des APAC (Aire ou territoire du patrimoine autochtone ou communautaire) est une des préoccupations majeures des communautés locales au Burkina Faso. Elles l’ont exprimé par la voix de leur organisation faîtière nationale, l’ASAPAC-BF (Association nationale des APAC-territoires de vie au Burkina Faso).

La reconnaissance souhaitée consisterait en l’adoption de textes juridiques appropriés qui constateraient l’existence des APAC et reconnaîtraient les trois piliers essentiels qui font d’un site socio-naturel une APAC. Pour rappel, une APAC se distingue par trois caractéristiques fondamentales :

  • l’existence d’un lien fort entre le site et les membres de la (ou des) communauté (s) à qui il appartient ;
  • une gouvernance et une gestion du site par la ou les populations directement concernée (s) ;
  • et un effet de conservation de la biodiversité et de bien-être de la ou des communauté (s) locales (Consortium APAC, 2017).

En réponse à cette forte attente des communautés villageoises, NATUDEV, en partenariat avec le PMF/FEM, a mandaté un expert en droit environnemental pour établir un état des lieux des textes juridiques pouvant s’appliquer aux APAC au Burkina Faso.

A partir de recherches documentaires, l’étude a mis en évidence l’intérêt d’une loi en particulier, la Loi 034-2009/AN portant sur le régime foncier rural, datant du 16 juin 2009.

Cette loi donne aux communautés locales le droit d’élaborer et d’adopter des « chartes foncières locales » définies comme « des conventions foncières locales inspirées des coutumes, pratiques et usages fonciers locaux », élaborées au niveau local et visant dans le cadre de l’application de la présente loi, à prendre en considération la diversité des contextes écologiques, économiques, sociaux et culturels en milieu rural.

La loi recouvre les « espaces locaux de ressources naturelles d’utilisation commune » qui sont « des espaces ruraux tels que les forêts villageoises, les bois sacrés, les mares, les espaces de terroir affectés à la pâture, les pistes à bétail, qui, selon les usages fonciers locaux, n’appartiennent pas en propre à des personnes ou familles déterminées et, dont l’utilisation est, conformément aux us et coutumes locaux, ouverte à l’ensemble des acteurs ruraux locaux ».

Il existe également un décret (N° 2010-400/PRES/PM/MAHRH/MRA/MECV/MEF/MATD) qui précise les objectifs des chartes foncières locales :

  • Responsabiliser les populations, les structures locales et les institutions coutumières dans la gestion des ressources foncières et des ressources naturelles ;
  • Recenser et appliquer de façon effective les coutumes et usages fonciers locaux favorables à la gestion rationnelle et durable des terres et des ressources naturelles ;
  • Harmoniser progressivement ces coutumes et usages fonciers locaux avec les lois en vigueur ;
  • Prévenir les conflits fonciers relatifs à l’accès et à l’exploitation des terres et des ressources naturelles en milieu rural.

« Les chartes foncières locales constituent les textes locaux de gestion communautaire des ressources naturelles. Elles sont élaborées sous la responsabilité des collectivités territoriales qui les valident et font leur publicité. ». Au Burkina Faso, les collectivités territoriales désignent les communes et les régions. Les communes regroupent plusieurs villages et les APAC appartiennent à des villages ou groupes de villages.

En vue de la restitution et de la validation des résultats de l’étude légale réalisée, un atelier a été organisé à Ouagadougou le 26 août 2020 par NATUDEV et l’ASAPAC-BF. La rencontre a réuni treize personnes : deux représentants de l’Association nationale des APAC du Burkina Faso (ASAPAC-BF), deux de NATUDEV, deux du ministère en charge de l’environnement, le coordinateur national du PMF/FEM, un maire de commune rurale, un Membre d’Honneur du Consortium APAC, deux étudiants travaillant sur les APAC, deux personnes-ressources ayant intérêt particulier pour les APAC, et le consultant chargé de l’étude.

Les participants ont validé l’étdude sur le cadre juridique et institionnel des APAC au Burkina Faso

Cela fût l’occasion de faire découvrir ou de rappeler la définition et la portée du concept APAC et de la dynamique nationale, africaine et internationale qui le porte. Tout cela s’est révélé encore largement peu connu des participants et par extension, de la population burkinabè.

La présentation de l’étude a été suivie d’échanges sur l’approche APAC et sur les résultats de l’étude. Les questions des participants ont surtout porté sur l’origine de l’approche APAC et son contenu. Ainsi, il a été question de savoir si APAC signifie « sites sacrés », quels sont les facteurs de la dégradation constatée des APAC au Burkina Faso, quelle est la place des religions révélées dans ces facteurs, quelles peuvent être les solutions au problème, etc.

Les représentants des communautés, mandatés par ASAPAC-BF, ont témoigné sur l’importance de la reconnaissance légale. Ils ont notamment cité l’exemple des orpailleurs qui se prévalent d’autorisations officielles pour détruire les bosquets des villages. Pour eux, le soutien de l’Etat doit aller au-delà de l’adoption de textes, et soutenir « franchement et concrètement » les villages dans la conservation de leurs sites naturels.

Etant donné que très peu de gens connaissent la démarche APAC, l’ASAPAC-BF compte sur les rencontres et la contribution des médias pour donner de la visibilité aux APAC, et sur les personnes ressources pour poursuivre ces réflexions. Les représentants des collectivités et du ministère de l’environnement ont assuré les autres participants de leur disponibilité et leur intérêt à soutenir toute initiative de NATUDEV et de l’ASAPAC-BF pour appliquer les recommandations de l’étude une fois celle-ci validée.

En cas d’application concrète de la loi portant sur les chartes foncières à une APAC, il faudra être vigilants pour s’assurer que les principes fondamentaux qui portent la notion d’APAC soient observés, aussi bien dans la démarche d’élaboration de la charte foncière locale que dans l’esprit et la lettre de la charte et de l’arrêté municipal qui la formaliserait.

En tant que conventions locales, les chartes foncières locales devraient en effet être définies de façon concertée au sein des communautés villageoises auxquelles appartiennent l’APAC concernée. La commune ne ferait que reconnaître par un acte juridique les décisions consensuelles et légales des communautés locales. Cependant, la solution par les chartes foncières locales n’exclut pas la perspective d’un plaidoyer pour une reconnaissance explicite des APAC dans la législation nationale, soit au travers d’une loi nationale consacrée aux APAC, soit à travers leur prise en compte dans des textes spécifiques à chaque type d’APAC (espaces pastoraux, bois sacrés, etc).

Par Alexis Kaboré, Coordinateur du Consortium APAC pour la région du Sahel et Président de NATUDEV, Membre du Consortium APAC.


‘’Bon miel du Burkina’’ : premier miel certifié ABNORM au Burkina Faso !

Association Nature et Développement (NATUDEV) a reçu, le jeudi 16 juillet 2020 à Ouagadougou, l’attestation de certification ABNORM pour son miel dénommé ‘’Bon miel du Burkina’’. C’était au cours d’un déjeuné de presse initié par le Ministère du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat.

Du 25 novembre 2019 au 24 novembre 2020, l’Association Nature et Développement (NATUDEV) a l’autorisation d’apposer la Marque Nationale de Conformité aux Normes Burkinabè sur son produit Miel naturel dénommé ‘’Bon Miel du Burkina’’. C’est Madame Farida Komou/Kaboré, Responsable administrative et financière de NATUDEV, qui a reçu l’attestation de certification des mains du Ministre du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat, Monsieur Harouna Kaboré. Ses sentiments, confie-t-elle, sont « ceux de fierté et de joie parce que parmi tant de structures, NATUDEV est l’une des plus jeunes structures à recevoir une certification ABNORM. Vraiment c’est une fierté. Cela démontre à quel point les apiculteurs et nous, nous faisons ensemble des efforts dans la qualité de notre produit ‘’Bon Miel du Burkina’’». De son avis, « comme le ministre l’a dit, tant que tu ne produis pas la qualité, tu n’es pas accessible au marché international ». Pour Madame Komou, le défi est clair, « c’est surtout persévérer et toujours persévérer dans la qualité pour espérer un renouvellement de la certification ».

Selon Omar Kaboré, Assistant technique Aires protégées et Valorisation des ressources naturelles à NATUDEV, cette certification va venir renforcer l’aspect communicationnel du produit ‘’Bon Miel du Burkina’’. C’est un outil de communication pour nous parce que ça renforce la confiance des consommateurs vis-à-vis du produit. Et si les clients ont confiance au produit, cela entraîne des achats de volumes importants.

Avec cette reconnaissance, estime Monsieur Kaboré, ‘’Bon Miel du Burkina’’ va pouvoir accéder à des structures de vente, des centres commerciaux qui ont une certaine exigence en termes de qualité. Pour lui, « la plus-value, c’est vraiment pouvoir ouvrir davantage le marché et conquérir d’autres parts de marché et accroître les ventes».

A en croire Omar Kaboré, les critères ayant favorisé la certification concernent le processus d’acquisition du miel sont entre autres la traçabilité des produits, les conditions de traitements. « Ce processus, il faut vraiment le maitriser. Nous avons nos producteurs sur le terrain, nous maitrisons dans quelles conditions le miel est produit ainsi que le circuit de transport jusqu’au site de conditionnement à Ouaga. Ce sont, entre autres, ces aspects qui ont permis l’obtention de cette certification de l’ABNORM aujourd’hui » a-t-il indiqué.

Tout remercier ABNORM pour la confiance, Monsieur Kaboré a tenu à préciser: « C’est une dizaine d’entreprises qui ont eu la certification et ‘’Bon miel du Burkina’’ a été le tout premier miel si je ne m’abuse qui a été certifié au Burkina Faso. Nous pouvons nous féliciter pour cela ».

Ibrahima TRAORE

Chargé de Communication


Apiculture : NATUDEV améliore les connaissances de son équipe technique

Category : PFNL

Association Nature et Développement (NATUDEV) a initié, le lundi 29 juin 2020, une communication en apiculture au profit de son équipe technique. Elle a porté sur le thème « Apiculture au Burkina Faso : contraintes et opportunités ».

L’une des ambitions de l’Association Nature et Développement (NATUDEV) est de faire de la promotion des produits forestiers non ligneux (PFNL) un moyen de gestion durable des ressources naturelles. C’est dans cette optique que NATUDEV a sollicité auprès d’un expert en apiculture une communication le lundi 29 juin 2020 sur le thème « Apiculture au Burkina Faso : contraintes et opportunités ». C’était en marge de la réunion d’équipe sur le bilan du Plan d’action quinquennal 2016-2020 de l’Association.

Selon Omar Kaboré, Assistant technique Aires protégées et Valorisation des ressources naturelles, il s’agit de consolider les connaissances des agents de NATUDEV sur l’apiculture. NATUDEV, confie-t-il, apporte un appui aux initiatives communautaires de développement de l’apiculture. Elle a mis en place à son siège à Ouagadougou une plateforme de commercialisation des PFNL dénommée « Plateforme du naturel » pour aider, non seulement à la recherche de marché, mais aussi à offrir des plus-values importantes pour les producteurs partenaires. La Plateforme est ouverte à eux pour le dépôt de leur miel à l’attention de l’importante clientèle qu’offre la capitale.

« A travers les produits de la ruche, tout le monde trouve son compte »

Selon le communicateur, Monsieur Jean Ismaël Ouédraogo, l’apiculture est une activité qui peut intéresser toutes les couches sociales, parce qu’« à travers les produits de la ruche tout le monde trouve son compte ».

Monsieur Ouédraogo invite tout le monde, « à prendre conscience que l’abeille est un insecte merveilleux et de faire l’apiculture au sens propre, c’est-à-dire qui ne consiste pas seulement à aller déposer des ruches et aller enlever le miel. C’est de l’apiculture primaire, ce n’est vraiment pas intéressant ». Le mieux, insiste-t-il, c’est de faire l’élevage des abeilles, qui consiste à prendre soin des abeilles, nourrir un intérêt pour l’abeille en utilisant moins de pesticides dans les champs, en sensibilisant davantage les gens, en plantant beaucoup plus d’arbres, en préservant les arbres qui sont déjà là. Monsieur Ouédraogo persiste, « Ccmme le Burkina Faso est autorisé à exporter son miel en Europe, il ne faut pas lésiner sur la qualité »

« Il n’y aura pas de développement sans la nature »

Monsieur Jean Ismaël Ouédraogo n’a pas manqué de saluer la vision et l’engagement de NATUDEV : « aujourd’hui, il ne faut pas se leurrer, il n’y aura pas de développement sans la nature. Et voir une association qui se nomme Nature et Développement. Je pense que c’est une association qui a compris les enjeux de développement durable, les enjeux de ce millénaire là et qui doit bénéficier de notre accompagnement. Je salue l’engagement de cette association dans le développement durable, dans le développement agroécologique et durable et je leur souhaite beaucoup de courage. Parce que concilier le développement avec la nature ce n’est pas la chose la plus facile à faire au Burkina Faso ».

Les participants ont exprimé leur satisfaction. Pour Alain Bembamba, Technicien Apicole, « le fait que la formation soit destinée à l’ensemble de l’équipe a été la bienvenue parce que tous les agents ne connaissent pas très bien le processus de production du miel, ses avantages mais aussi ses exigences. Personnellement, j’ai eu de nouvelles informations sur la procédure d’obtention du droit d’exportation du miel burkinabè en Europe. L’expert a confirmé que la filière apicole a de l’avenir dans notre pays. C’est une activité qui nourrit son homme ».

Service de Communication NATUDEV.


NATUDEV juge satisfaisant le bilan de son premier quinquennal 2016-2020

Category : Non classé

NATUDEV a passé au peigne fin le bilan technique et financier de son premier plan d’action qui couvre la période 2016-2020. C’était lors d’un atelier tenu le lundi 29 juin 2020 à Ouagadougou avec la quasi-totalité de l’équipe technique. Un bilan jugé satisfaisant.

Après six (06) ans d’existence, l’Association Nature et Développement (NATUDEV) s’est illustrée par sa contribution à la conservation et la valorisation durable des ressources naturelles au Burkina Faso et dans la sous-région. C’est ce qui ressort de la réunion bilan technique et financier de son premier quinquennat, tenue le lundi 29 juin 2020 avec la quasi-totalité de l’équipe technique.

« Après sa création en 2014, l’Assemblée Générale de NATUDEV a adopté un plan d’action quinquennal 2016-2020. Il est de bon ton que l’ensemble des membres de l’équipe technique fasse le bilan technique et financier qui, en perspective, va être présenté à l’Assemblée Générale, d’où la tenue de cet atelier » a indiqué le Président de l’association, Alexis Kaboré.

Le bilan a consisté, selon lui, à présenter les activités par volet tel que prévu dans le document du plan. Partir de ce qui était prévu, confronter à ce qui a été réalisé, en observant le taux de réalisation et en retenant les forces et les faiblesses et, surtout, en dégageant les perspectives pour le prochain quinquennat qui va débuter en 2021 pour finir en 2026.

« Globalement, estime Monsieur Kaboré, il y a matière à satisfaction au vu du nombre de forêts et d’hectares que NATUDEV a contribué à protéger, du nombre de bénéficiaires et de partenariats mais aussi du niveau d’autofinancement. Les autres sont mieux placés que moi pour juger ».

« Il y a eu des difficultés que nous avons pu surmonter »

A Monsieur Marcel Koadima Assistant Technique Foresterie et Agro-écologie à NATUDEV de corroborer, « à travers les présentations nous avons pu évaluer le plan quinquennal 2016-2020 qui nous montre de façon global un bilan positif. Avec l’engagement des uns et des autres, nous avons pu réaliser un nombre important des activités du plan quinquennal. On a senti que les gens n’ont pas fait de l’a peu prêt ».

Toutefois, les participants ont fait des remarques par rapport à des volets prévus qui n’ont pas été réalisés en tant que tels. Il s’agit du volet des fertilisants naturels pour une agriculture plus compatible avec la conservation des aires protégées et du volet renforcement des capacités des membres de l’équipe parce que l’accent a été mis sur les populations.

NATUDEV a fait également face à des difficultés dans la mise en œuvre de son premier quinquennat. C’est notamment, souligne Monsieur Kaboré, « les difficultés de début. Parce que c’est le premier plan quinquennal. Il fallait faire ses marques et créer la confiance. Faiblesse des ressources et pendant ce temps les ambitions étaient énormes. Vous savez les populations ont tendance à se méfier des nouveaux intervenants. Je pense qu’il y a eu des difficultés que nous avons pu surmonter ».

« …Accroitre la part d’autofinancement à travers l’économie verte… »

En termes de perspectives, NATUDEV prévoit accroitre la part d’autofinancement à travers l’économie verte avec la valorisation des produits forestiers non ligneux. « Nous avons mis l’accent sur le miel dans le premier quinquennat. Tout en continuant avec cette filière, nous allons renforcer le volet beurre de karité, c’est une attente forte des femmes dans les villages » a indiqué Monsieur Omar Kaboré, Assistant technique Valorisation des ressources naturelles.

NATUDEV se propose de prendre en compte la thématique des changements climatiques. Parce que on se rend compte qu’il y une bonne part des contraintes de gestion des ressources naturelles sur le terrain qui sont hors d’emprise des populations car relevant de perturbations naturelles.

Nous comptons également renforcer le côté visibilité de notre action. Nous espérons aussi pouvoir répondre aux sollicitations d’autres villages et communes en matière de protection des sites naturels que de la valorisation des produits forestiers non ligneux, au bénéfice avant tout des populations rurales.

A la sortie de cet atelier bilan technique et financier du quinquennat 2016-2020, le Président de NATUDEV a tenu à féliciter et remercier l’ensemble des acteurs qui ont concouru aux résultats engrangés. « C’est le mot de surprise agréable et de gratitude vers d’abord mes collègues, toute l’équipe qui se bat tous les jours. NATUDEV a une bonne équipe. Et aussi mes remerciements vont à l’endroit de tous nos partenaires qui nous font confiance et qui nous ont permis d’atteindre ces résultats. Et enfin, mes félicitations à nos partenaires sur le terrain que ce soit les collectivités, les communautés, les services techniques et les autres ONG ».

 

Service de communication NATUDEV


Promotion des PFNL : moyen efficace d’intégration conservation-développement local

Category : PFNL

Les produits forestiers non ligneux (PFNL) sont les produits des arbres et des arbustes sauf le bois. Il s’agit donc des fruits, des feuilles, des écorces, etc. Les PFNL bénéficiant des initiatives d’appui de NATUDEV sont ceux que les populations qu’elle accompagne entendent promouvoir durablement.

La promotion des PFNL se justifie par leur fonction de sources alternatives de nourriture et de revenus pour les producteurs et leurs ménages. Les PFNL permettent ainsi aux producteurs de ne pas s’adonner à des utilisations non durables et préjudiciables aux aires protégées et aux sites de patrimoine naturel (braconnage, coupes du bois, agriculture non écologique, etc).

Les PFNL concernés par les actions de NATUDEV à ce jour sont : le beurre de karité et ses dérivés (savons, pommades, etc), le miel et ses dérivés (cire d’abeilles). D’importantes potentialités en fruits du baobab, de balanites, de néré, de liane, de tamarin, de detarium ont été mises en évidence pour des valorisations futures.

Un millier de promoteurs locaux au sein des communautés locales est actif dans les filières soutenues et engrangent, individuellement ou collectivement des revenus fort appréciables.

ULB-Coopération, Man and Nature et le programme PPI sont les principaux soutiens des populations à travers NATUDEV dans le développement des filières produits forestiers non ligneux, soutiens ayant permis d’accomplir des avancées importantes, au nombre desquelles:

  • le regroupement de certain(e)s productrices/producteurs en coopératives
  • Une apiculture féminine en développement
  • Vers l’émergence d’une zone apicole au coeur du complexe écologique PONASI (nombre de croissants d’apiculteurs et de ruches et de compétents…)
  • Des innovations concluantes en matière de types de ruche
  • Obtention d’un label qualité pour le miel (certification nationale)
  • Une plateforme de commercialisation ouverte aux producteurs
  • Un système de vente efficace
  • Un lien PFNL-Conservation des ressources forestières reconnu
  • Une contribution évidente à l’amélioration des revenus, des liens sociaux, de la prise en charge des frais de santé et de scolarité chez les apicultrices et les apiculteurs.

NATUDEV, l’ONG de référence dans la promotion des APAC au Burkina Faso

Category : APAC

NATUDEV est l’ONG de référence dans la promotion des APAC au Burkina Faso. Une APAC est un site naturel conservé par une communauté locale ou un ensemble de communautés locales (villages ou groupes de villages) et répondant aux trois critères mondialement convenus suivants: la gouvernance est communautaire (le site appartient à la communauté ou au groupe de communautés concernées qui ont sur lui le pouvoir décisionnel et l’exerce effectivement); le lien entre la communauté ou les communautés et le site est suffisamment fort qu’elle ou elles est ou sont prête (s) à le défendre; le site abrite et conserve de la biodiversité.

Il s’agit d’une catégorie d’aires de conservation de la nature conceptualisée il y a une dizaine d’années par le Consortium mondial APAC qui en fait la promotion à l’échelle mondiale depuis lors.

NATUDEV est membre du Consortium APAC. Son président est le coordinateur du Consortium pour le Sahel (8 pays couverts).

Au Burkina Faso, NATUDEV a identifié 5 types d’APAC:

  • les zones villageoises d’intérêt cynégétique (Zovic),
  • les bois sacrés,
  • les points d’eau sacrés (mares, rivières, puits sacrés),
  • les espaces pastoraux communautaires (aires de pâture, pistes à bétail, couloirs de transhumance, points d’eau pastoraux, etc),
  • les forêts villageoises

La coordination du Programme Microfinancement du Fonds pour l’Environnement Mondial (PMF/FEM) au Burkina Faso est le principal partenaire de NATUDEV et des communautés locales dans le travail abattu avec ces dernières pour la défense et la conservation de leurs APAC, leurs territoires de vie. La participation de SOS Sahel Burkina Faso est également est reconnue.

Ce partenariat a permis à ce jour d’avoir les résultats ci-dessous:

*Identification et documentation des APAC de 7 régions (sur les 13) du Burkina Faso (le processus se poursuit)

*Assemblées générales de villages sur les APAC

*Indication d’APAC par la fixation de panneaux

*Appui à la constitution de l’Association nationale des APAC du Burkina Faso (ASAPAC-BF)

*Formations des représentants de 5 communautés gardiennes d’APAC et du bureau de l’ASAPAC-BF

*Contribution à l’actualisation de la monographie nationale de la diversité biologique avec un article sur les APAC

*Voyage d’échanges au Bénin entre communautés gardiennes d’APAC

*Organisation d’un atelier Bénin-Burkina sur les APAC (à Ouagadougou)

*Participation à des plateaux de télévision sur les APAC

*Adhésion de deux membres d’honneur burkinabè au Consortium mondial APAC


Sans arbres, pas d’abeilles, et la vie de l’homme sera compromise, foi d’Abdoul Razack BOULIOU

Category : PFNL

NATUDEV a réalisé un entretien avec un de ses apiculteurs partenaires en la personne de Abdoul Razack BOULIOU, du village de Tiakané (commune de Pô) dans la province du Nahouri. C’est un apiculteur satisfait de son activité et surtout de l’accompagnement de NATUDEV que nous avons rencontré. Au menu de cet entretien: les avantages de l’apiculture, les actions de conservation de ressources naturelles qui en découlent, etc. Lisons plutôt!

NATUDEV: pouvez-vous nous dire ce qui vous a motivé à pratiquer l’apiculture ?

Abdoul Razack BOULIOU (A.R.B.): l’Apiculture contribue à l’amélioration de notre condition de vie.  Ça nous aide beaucoup parce que nous utilisons l’argent de vente du miel pour beaucoup de choses dans la famille, surtout la scolarité et l’habillement des enfants. L’apiculture nous aide aussi dans nos travaux champêtres, car elle nous permet d’acquérir les intrants agricoles grâce à ses revenus. Ainsi, elle a un impact positif sur le rendement de la production céréalière.

 L’apiculture nous a habitué aussi à manger du miel dans la famille. Avec la disparition des arbres, la production du miel a beaucoup baissé. Donc ça fait qu’il y a beaucoup de gens qui n’ont plus l’habitude de manger du miel. Mais nous qui  faisons du miel, nous avons toujours la chance de pouvoir disposer du miel à la maison. Ce qui est très bien pour notre bien-être et notre santé.

NATUDEV: avez-vous déjà bénéficié de l’appui de NATUDEV dans le cadre de votre activité d’apiculteur?

Abdoul Razack BOULIOU a livré son miel

 A.R.B.: j’ai bénéficié beaucoup de l’appui de NATUDEV surtout en termes de formation, d’équipement en ruches et accessoires et le soutien dans la recherche de débouchés pour l’écoulement de ma production.

NATUDEV: comment appréciez-vous la qualité de votre collaboration avec NATUDEV ?

A.R.B.: je l’apprécie beaucoup. Parce que c’est une structure qui nous accompagne aussi sur le plan du suivi technique de nos ruchers. NATUDEV nous assiste. C’est ce qui nous fait progresser dans l’apiculture. Présentement, on ne craint plus parce qu’avant on produisait le miel mais on n’avait pas de marché.  Maintenant le marché est assuré. Si on produit le miel, nous pouvons écouler à travers la plateforme de vente mise en place par NATUDEV pour nous.  Et aussi, ils sont avec nous à chaque fois que nous avons besoin d’eux. Ce qui nous permet de toujours dire nos problèmes. Il y a beaucoup de choses que nous faisons ensemble.

NATUDEV: est-ce que vous rencontrez des difficultés dans l’activité ?

A.R.B.: dans toute activité, les difficultés ne manquent pas. Il y a des difficultés d’ordre naturel. Il y a par exemple des années où il n’y a pas assez de fleurs à cause des vents ou des pluies orageux qui font que nous perdons de la production. Avant, comme je le soulignais, nous étions confrontés au problème d’écoulement. Mais avec NATUDEV le marché est maintenant assuré. C’est vrai que nous sommes en train de faire des progrès dans la production, mais nous restons toujours confrontés au problème de ressources qui fait que nous n’arrivons toujours pas à faire de grandes quantités de production de miel.

La livraison de miel d’Abdou RAzack BOULION conditionné pour la vente

NATUDEV: Pensez-vous que l’apiculture contribue à la conservation des ressources naturelles ?

A.R.B.: L’apiculture permet de protéger la nature parce que nous savons que c’est avec les fleurs des arbres que les abeilles font le miel. Pour poser les ruches, il faut un endroit avec beaucoup d’arbres. C’est pour cette raison que les apiculteurs contribuent à protéger les arbres et les brousses.

NATUDEV: Quelles sont les actions que vous menez pour participer à la protection des brousses ?

A.R.B.: Nous veillons à éviter les feux de brousse puisque c’est la première cause qui peut vraiment nuire à la production du miel. Quand il y a des feux de brousse, nous intervenons très rapidement pour éteindre. Pendant l’hivernage, nous faisons des reboisements de certaines espèces. Nous luttons également contre la divagation des animaux. Quand on laisse les animaux, ils peuvent non seulement casser les arbres mais aussi détruire les ruches ou occasionner d’autres problèmes puisqu’en renversant les ruches les abeilles et peuvent agresser les gens ou les animaux. Il y a aussi la coupe abusive du bois. Là où il y a des ruches, si on laisse les gens couper les arbres, cela n’est pas bon pour la production du miel. Car ce sont les arbres qui donnent des fleurs pour le miel. Nous menons chaque fois des actions de sensibilisation pour que les gens comprennent le rôle et l’importance de l’abeille pour la vie humaine. Nous parlons de ça tout temps dans notre coopérative d’apiculteurs que nous venons de créer.

NATUDEV: Quel est votre appel à l’endroit de la population concernant l’apiculture ou la protection de la nature ?

A.R.B.: Nous sommes présentement tous témoins que les abeilles sont en voie de disparition. Avant, quand on sort seulement à un kilomètre du village on trouve des arbres abritant des abeilles, du miel. Présentement, il n’y en a plus. Nous assistons à la disparition de la brousse. Il n’y a plus d’arbres comme avant. Ce n’est pas à moi de le dire nous sommes tous témoins de la diminution des arbres et des abeilles. Mon appel est que: s’il n’y a pas d’arbres, il n’y aura pas d’abeilles et la vie de l’homme sera quasi impossible.

Interview réalisée par Ibrahima TRAORE, Chargé de Communication à NATUDEV